Diémoz dans l'histoire : Préhistoire

Publié le par Sophie BOUDAREL

Voici le deuxième épisode du feuilleton "Diémoz un village du nord Isère". Après avoir découvert Diémoz en France, découvrez Diémoz pendant la préhistoire.


EPOQUE NEOLITHIQUE

Introduction

Nous savons très peu de chose de la vie de Diémoz avant l’an 1000. Nous ne pouvons que supposer que le site de Diémoz a subi, comme toute la région, les différentes périodes pré glacière, glacière et post glacière. Il suffit pour cela de regarder le paysage vallonné et les différents types de roche et de configuration du terrain.

Type de paysage au néolithique

La commission d’histoire de Bonnefamille, dans le cadre de ses recherches, précise qu’il existait, au Carbonifère (-300 millions d’années), au Nord Est de la région, dans un losange Bron, Communay, Chamagnieu, Saint Vulbas, un vaste lac entouré de montagnes. La rive la plus proche de nous, passait par Communay, Grenay et Chamagnieu.

Au Jurassique (-200 millions d’années), la région était recouverte par un océan qui bordait le Massif Central. C’est ce qui nous permet de trouver encore des fossiles comme les Ammonites.  A l’ère Tertiaire (-20 millions d’années), l’océan s’est retiré et les Alpes ont commencé à surgir. Un bras de mer allant du Golfe du Lion jusqu’à Vienne en Autriche, a déposé en se retirant des alluvions sableuses qui sont devenues ce sable aggloméré que le trouve dans la région (sur la route de l’Alouette à Saint Quentin Fallavier par exemple). 

Lors de la dernière période, l’ère Quaternaire (-100 000 à – 10 000 ans), la région était recouverte par un glacier qui en fondant laissa ce qu’il transportait sur place, sur plusieurs mètres de haut. La font s’est faite en deux temps, laissant les éléments sur une première ligne de Bonnefamille à Heyrieux en passant par Ponas, puis une seconde passant de Villefontaine à Panossas.

En fait, l’histoire de Diémoz se mêle très étroitement à la vie des premiers habitants. C’est à partir du milieu du 5ème millénaire avant Jésus Christ (Néolithique moyen) que les agriculteurs prennent véritablement possession des premiers terroirs autour du couloir Rhodanien. Les Chasséens méridionaux s’implantent sur les bords du Vercors, de la Chartreuse, dans les dépressions du sillon Alpin, la cluse de Voreppe, en Trièves et dans la plaine de la Bièvre. Ils profitent du climat chaud et humide de la période « Atlantique » pour effectuer les premiers déboisements autour de quelques villages et grottes. Ils aiment les terrains secs et bien drainés, semblables à ceux qu’offraient les bords de la Méditerranée de leurs ancêtres. Tous ces agriculteurs élèvent un petit bovidé, un porc, une chèvre et un mouton et cultivent des céréales (blé et orge) après la destruction de la forêt par le feu (culture sur brûlis).

Plus tard, au début du 3ème millénaire (Néolithique final), le climat se refroidit et s’assèche. Deux populations vont se mélanger à cette époque. La première vient du sud et pratique les rites des tombes collectives dans des grottes sépulcrales. La seconde vient de l’est, d’origine helvétique ou jurassienne, qui affectionne plutôt les terres humides et marécageuses, près des lacs et des rivières au nord du département. C’est certainement cette population qui vivait sur les collines de Diémoz et des environs. Un essai de reconstitution a été réalisé à Heyrieux par l’association Recherche et Communications. Il décrit fort bien ce que devait être la vie à l’époque Néolithique.

C’est aussi à cette époque que commencent les manifestations du mégalithisme alpin, avec les pierres à cupules (voir chapitre suivant). Au lieu dit Saint Pierre de Lépieu, gît une importante pierre à cupules signalée en 1937 par le docteur Saunier.

Un certain nombre d’objets ont été découvert dans les communes environnantes et particulièrement à Beauvoir de Marc où des vestiges du Néolithique Moyen ~3000 avant JC ont été exhumés.

A Bonnefamille, ainsi qu’à Saint Pierre de Lépieu (étang Fournier), des foyers néolithique ont été découverts lors de travaux de terrassement. Ils dateraient de la période moyenne.

Epoque glaciaire
 

La pierre a cupule

La commune de Diémoz a la chance, parmi ses trésors de posséder une pierre à cupules.


Les cupules sont de petites excavations circulaires creusées dans de la pierre, en plus ou moins grand nombre (de trois à quatre à près d’une centaine). Si quelques-unes sont gravées sur des roches en place, en Isère elles sont plus fréquentes sur les blocs erratiques arrachés aux Alpes à la suite des glaciations. Les plus anciennes apparaissent il y a environ 5000 ans, mais d’autres appartiennent à des périodes plus récentes. Une cinquantaine de ces petits monuments dont la fonction reste inexpliquée, ont été inventoriés en Isère, essentiellement dans la moitié Nord du département.

Cette pierre se situe à l’ouest de la croix de Saint Pierre de Lépieu. Ce lieu-dit de Diémoz, appelé aujourd’hui Saint Pierre, se situe à l’est du village, entre le plateau de Beausoleil et le Blétenay. La pierre se trouve sur la ligne de crête du flanc droit d’un vallon avec un ruisseau au fond, partant à droite de la route, à 1,5 kilomètres de Triévoz. Pour l’atteindre, il faut prendre la route de Comberousse puis, faire 100 mètres à l’ouest de la croix, le long de la crête en respectant les pâturages. Elle dispose de 50 cupules.

Si son origine reste inconnue, les petites cavités (cupules) demeurent également un mystère quant à leur usage éventuel. Le docteur Saunier donne, avec beaucoup de réserves, une explication de la disposition de ces petites cuvettes ; il s’agirait d’une reproduction de la voûte céleste avec ses galaxies.

Il existe d’autres pierres à cupules dans les environs. A Artas, il existe une pierre à 23 cupules et à Satolas et Bonce un bloc de 31 cupules sur la commune de Colombier Saugnier.

Marc QUESTIN dans son ouvrage « la médecine druidique » donne une autre version de l’origine des pierres à cupules que celle du docteur Saunier, qui, pour être invérifiable, paraît plus plausible. Pour cela, il faut comprendre, dans le texte, la différence faite par l’auteur entre « l’eau du ciel » et « l’eau de la terre ». La première est sensée être pure (du moins à l’époque considérée). La seconde reste chargée de déchets, de traces minérales, etc. A la page 112 de son ouvrage, Marc QUESTIN précise

« Certaines pierres ont des propriétés thérapeutiques générales. Sur les pierres couchées des dolmens, on trouve parfois des sortes de petites cuvettes, le plus souvent faites de main d’homme, dans les temps très anciens. Les archéologues les appellent des cupules. On recueillait l’eau de pluie tombée dans ces cupules et on buvait cette eau comme remède. Certains disaient qu’il fallait boire l’eau de pluie directement, en lapant, comme un animal, plutôt que de recueillir « l’eau de pierre » dans un gobelet. »

« L’eau contient en elle-même, dans la matière de son grès, de son granit, une sorte de charge de puissance, une énergie qui peut passer dans l’homme si l’homme applique son corps contre la pierre, parfois en récitant une formule. C’est là une pratique empirique séculaire, un genre de litho thérapie. La médecine a beaucoup évolué mais néanmoins, les fervents d’eau minérale et de cure thermale sont très nombreux et semblent bien s’en porter. »

Il est noter que ce type de pierre existe aussi dans d’autres pays dans le monde comme dans le sud algérien, dans le Tassili du Hoggar à El Gheisour.

La pierre à cupule de Diémoz

Il existe d’autres traces de pierres apportées par les glaciers. A côté du village d’Artas, le promeneur peut découvrir une pierre beaucoup plus importante en taille et en poids que les pierres à cupules, cassée en deux, qui est désignée sous le nom de la pierre du diable.


A suivre : Diémoz à l'époque Gallo-Romaine...


Publié dans Histoire Locale

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Fassbind Pierre 08/11/2008 14:45

interressant, je ne suis jamais allé voir cette pierre à cupule bien qu' ayant été élevé à Bonnefamille, mais je connais la famille Fournier, je pense allez voir cet endroit cet hiver.