Tranches de vie

Publié le par Sophie BOUDAREL

Lorsque je choisis d'acheter une carte postale, l'un des facteurs de décision est le fait qu'elle ait voyagé. La première raison est que j'ai toujours l'espoir que l'auteur ou le destinataire soit un membre de la famille ou, tout du moins, une personne connue. Ensuite il y a le plaisir de lire ces correspondances qui rendent la généalogie vivante. Nous pénétrons un court instant dans l'intimité d'une famille, d'un couple, ou bien d'amis. Enfin, nous entrons de plein pied dans l'histoire de France. Pas celle des grands noms que nous apprenons à l'école mais celle des petites gens, celle qui a fait notre pays et qui nous a faits. Ainsi, sur une des cartes de ma collection, j'apprends qu'en 1926, la moisson a commencé tôt à Boulaincourt dans les Vosges, le 1er août :

"Cette semaine nous allons commencer la moisson qui sera assez abondante cette année. Pour le moment nous avons un temps plutôt froid pour la saison. Cela fait un grand changement des jours derniers"

81 ans plus tard, nous avons dû tous écrire sur nos cartes postales le même commentaire concernant les températures !

Ou encore, que penser de cet Edmond qui poste le 18 septembre 1910 pas moins de 5 cartes postales à Mme. MOREL à Rennes avec pour seul texte :
- Amitiés (x2)
- Salutations
- Baisers
- Bonjour

A vous de les mettre dans le bon ordre !

Enfin, la correspondance peut être riche d'enseignement quant au niveau de vie. Ainsi sur une carte postale de Roybon (Isère) achetée dernièrement, nous apprenons qu'en 1918 :
"ici le beurre se paie 3 Francs, les oeufs 2 Francs la douzaine et le lait à 0F30"

Il est bien évidemment difficile d'évaluer 3 Francs (anciens) par rapport à l'euro de 2007. Toutefois, j'ai trouvé sur le site de l'INSEE, le fichier suivant qui nous permet de comparer les pouvoirs d'achat.
Ainsi, pour un pouvoir d'achat de 100 Francs en 1918, l'équivalent en 2006 est de 100x1,44904, soit 144,904 Euros.

Publié dans Chroniques

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