Roybon en Isère

Publié le par Sophie BOUDAREL

La plus ancienne mention de Roybon remonte au XIIe siècle. A la fin du siècle suivant, en 1294, le dauphin Humbert Ier octroie aux Roybonnais une charte de franchises et permet la création d'une villeneuve. Le bourg se développe alors à l'intérieur de ses remparts au pied du château de pierre qui reprend peut-être l'emplacement de la motte castrale originelle (le château St.Romme). Alentour, la forêt delphinale commence à être activement défrichée et ses meilleurs sols mis en valeur. C'est sur cette forêt, non loin du bourg, que des concessions sont accordées par le dauphin dès 1338 puis ensuite par les seigneurs de Roybon à des familles de verriers qui assureront pendant plusieurs siècles une abondante production.

Après le transport (la vente) du Dauphiné en 1349, qui marque son rattachement à la couronne de France, Roybon passe de seigneur en seigneur jusqu'à la révolution.

A l'issue des guerres de Religion, on retrouve dans le bourg une importante communauté protestante. Elle se spécialise dans l'industrie de la ratine, c'est à dire des gros « draps » de laine, destinés notamment à l'habillement des troupes et dont les manufactures font de Roybon un des principaux centres du Dauphiné.
Malgré un relatif isolement et l'absence d'une bonne route, Roybon opère des échanges économiques avec des régions lointaines et souvent acquises aux idées de la réforme comme le pays genevois ou le Trièves. Au moins le quart de sa population en vit encore, souvent en complément des travaux agricoles, à la fin du XVIIIe siècle où la population atteint peut-être 2500 âmes. Plus de cinquante métiers à tisser y sont alors recensés !
Au début du XIXe siècle, cette activité périclite rapidement du fait de sérieuses difficultés économiques.


A la révolution, où le nom de Roybon est changé pour un temps en celui de Chambaran, moins suspect aux yeux des Révolutionnaires, l'activité agricole constitue également une part importantes des revenus de la communauté. Mais les sols maigres et acides ne permettent pas de rendements bien avantageux. Aussi est-ce surtout l'élevage, le fourrage et l'exploitation de la forêt qui constituent les principales richesses des Roybonnais.


Au XIXe siècle, exploitant aux mieux les ressources, locales, de nouvelles industries succèdent à la ratine : taillanderies, poterie, charbonnières ou encore exploitation de l'écorce de chêne pour les tanneries font de Roybon un petit centre industriel dans le Chambaran. La route royale de Romans à la Côte-Saint-André, décidée en 1772, mais qui mit longtemps à voir le jour, permet enfin d'abaisser le coût des transports. La première moitié du XIXe siècle marque ainsi l'apogée du développement de la commune dont la population s'élève à près de 3000 âmes. En 1881, le camp militaire de Chambaran, situé à quelques kilomètres, contribue à l'essor du village et au début de notre siècle, la création de la ligne de tramways entre Saint-Marcellin et Lyon achève de désenclaver Roybon.


Sur la place du village trône fièrement une statue de la Liberté. Ce monument fut érigé en 1906 en l'honneur de Henri Saint-Rome, (1797-1862), qui fut un des personnages les plus importants de la seconde république dans le département de l'Isère.
Elle fut donnée par Auguste Bartholdi (1) lui-même à son ami Mathias Saint-Romme qui en fit un symbole en l'honneur de son père.

Deux autres copies de petite taille de la statue de la liberté sont situées, l'une dans la chapelle du Musée des Arts et Métiers à Paris, l'autre dans le Jardin du Luxembourg, également à Paris.


 

 

Source : Mairie de Roybon (texte de William Meyer)

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